De la guerre d’Algérie…

De la guerre d’Algérie…

Devoir de mémoire

Charles Aslangul 11 novembre

 

À l’heure où l’UMP vient de remporter une première victoire aux élections départementales, notamment avec un très bon score à Bry-sur-Marne, le Maire préfère invectiver, polémiquer et diviser. Voilà un choix étonnant en pleine période électorale où toutes les forces de la droite et du centre doivent afficher leur unité. Bien qu’ayant démissionné de l’UMP, ce dernier reste comptable, de par son élection, du devoir d’union dans la reconquête.
Aborder sous l’angle de la polémique l’épineux sujet de la guerre d’Algérie en pleine semaine d’entre deux-tours où nos candidats doivent affronter le Front National, est irresponsable. 

Le 19 mars dernier se tenait à Bry-sur-Marne la commémoration du 53ème anniversaire du cessez-le-feu de la guerre d’Algérie.

En conscience, je n’ai pas assisté à cette commémoration. Ainsi, le Maire de Bry-sur-Marne, dans un édito sur son blog, m’accuse de « mépris de celles et ceux qui conservent la mémoire d’événements tragiques et honorent l’histoire de nos compatriotes morts pour la France ».
Rien que ça.

Le choix de cette date voulu par les socialistes en 2002 puis acté en 2012 a été contesté par une large majorité d’élus de l’UMP allant jusqu’à saisir, par l’intermédiaire du groupe UMP au Sénat, le Conseil Constitutionnel.  Ce n’est pas moins de 155 sénateurs qui ont voté contre cette loi.

En effet, cette date du 19 mars fait référence aux accords d’Évian du 19 mars 1962. Or, le sang n’a pas cessé de couler à partir de cette date. Au contraire, pendant deux longues années les Harkis furent pourchassés, torturés et massacrés par dizaines de milliers et autant de civils furent enlevés et portés disparus.
À partir du 19 mars 1962, le FLN n’était plus contrôlé et pu agir librement contre des populations démunis. Cette date marque donc le début d’exactions d’une barbarie et d’une violence inouïes. Le 19 mars 1962 marque le début du massacre des Harkis et des civils européens.
Les notes militaires et autres comptes-rendus contemporains dénombrent plusieurs dizaines de milliers de massacrés en quelques mois et plus de 100 000 en deux ans.

C’est pourquoi, depuis 2003 et jusqu’à 2012 la France commémorait les « Morts pour la France de la Guerre d’Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie » tous les 5 décembre (date sans symbolique au demeurant) et non pas les 19 mars au nom des victimes tuées après cette date.

Le choix du 19 mars reste donc un choix politique et idéologique qui reste largement contesté aujourd’hui par de très nombreux élus tels que Christian ESTROSI (UMP), Éric CIOTI (UMP), Damien ABAD (UMP), Jacques MYARD (UMP), Julien Aubert (UMP), Élie ABOUD (UMP) etc. Mais aussi par des nombreuses associations de Harkis et Anciens Combattants d’Algérie.

«Par respect pour la mémoire de toutes ces victimes et de leurs familles, nous ne pouvons accepter de pavoiser nos villes le 19 mars» Élie ABOUD.

« Le choix de cette date est un déni de vérité. Le 19 mars 1962 a marqué le début d’un calvaire pour les harkis » Christian ESTROSI.

Je ne conteste pas le soulagement que pu revêtir le cessez-le-feu pour nombre d’appelés ni leur souhait de commémorer cette date mais qu’il me soit encore permis de garder mon libre arbitre et ma liberté de pensée sans, pour ma part, esprit de polémique…

Depuis mes 16 ans, âge auquel les jeunes gens n’y sont que trop indifférents, je suis présent à l’ensemble des commémorations en mémoires des nos morts pour la France. 
Tous les 5 décembre, je commémore la mémoire de tous les morts d’Algérie.
Trop conscient de la nécessité du devoir de mémoire, j’ai proposé au cours de la mandature 2008-2014, un groupe de travail uniquement dédié à cette action pour que les jeunes Bryards s’imprègnent de leur Histoire par le biais notamment de ces cérémonies citoyennes.
Tous les ans, je me rends en février à Colombey-les-deux-Églises pour me souvenir de l’héritage du Général. Et ce, sans en faire publicité municipale…
Enfin, je suis un élu de la République depuis mes 19 ans pour ma ville que j’aime profondément mais aussi pour défendre les valeurs Gaulliennes de la souveraineté et du patriotisme. Je suis donc loin de l’exemple du jeune homme méprisant les valeurs citoyennes, civiques et patriotiques.

J’ajoute que je n’ai jamais vu Monsieur SPILBAUER les 2 décembre à l’Arc de Triomphe de Paris, avec les associations d’anciens combattants, la fondation NAPOLÉON, la fondation CHARLES DE GAULLE, l’École de Saint-Cyr et de nombreux généraux de l’Armée Française pour commémorer la victoire d’Austerlitz et les morts pour la France ! 
Sans doute est-ce trop éloigné de Bry-sur-Marne pour en tirer quelcquonque avantage ? Me concernant, j’y suis tous les ans depuis dix ans. 

Les Anciens Combattants me connaissent et savent ma reconnaissance éternelle pour nos héros vivants ou ceux tombés au champ d’honneur.
Je n’ai donc strictement aucune leçon à recevoir en matière de patriotisme de la part de Monsieur SPILBAUER qui s’érige maintenant en apôtre de la pensée unique en méconnaissant totalement la réalité du débat autour de cette date et de mes convictions en la matière. Gageons qu’il aille au bout de son idée en interpellant courageusement les 155 parlementaires opposés à la loi instituant la date du 19 mars…

Pour ma part, je serai toujours présent pour rendre hommage aux tués d’Algérie les 5 décembre et assume mon refus de chanter la Marseillaise le 19 mars qui est un non-sens pour des dizaines de milliers de familles Françaises.
J’assure aux Anciens Combattants que je serai toujours à leurs côtés pour commémorer la France et ses héros dans notre amour commun de la France éternelle.

Cette polémique est aussi insultante qu’indecente, ma famille ayant en son sein de nombreux anciens combattants d’Algérie.

J’en termine en interrogeant nos lecteurs : instrumentaliser une commémoration et faire de la polémique bassement politicienne autour du devoir de mémoire comme vient de le faire Monsieur SPILBAUER, n’est-ce pas cela le véritable      « mépris de celles et ceux qui conservent la mémoire d’événements tragiques et honorent l’histoire de nos compatriotes morts pour la France » ?

 

Charles ASLANGUL
Conseiller municipal de Bry-sur-Marne
Président du groupe « Génération Bry »
Conseiller national UMP